Le concept en une phrase : transformer des algues en charbon biologique, puis utiliser ce charbon comme nid à bactéries qui bouffent le méthane — le deuxième plus gros pollueur du climat.
Parce que le méthane est le cheat code du climat. Il réchauffe 80× plus que le CO₂ — mais il disparaît en 12 ans. Le CO₂ reste des siècles. Donc si tu stoppes le méthane, la planète se refroidit en une décennie. Si tu stoppes le CO₂, il faut attendre des siècles.
Le méthane c'est le frein d'urgence. Le CO₂ c'est le travail de fond. Les deux sont nécessaires, mais seul le méthane donne des résultats visibles de notre vivant.
On pourrait. Du biochar de bois marche aussi pour les filtres. Mais les algues ont 3 avantages énormes :
Les forêts mettent 30 ans à pousser et sont en compétition avec l'agriculture. Les algues poussent en semaines, en pleine mer, sans rien prendre à personne. L'océan c'est 71% de la planète et on n'en fait rien.
Tu chauffes du matériel organique sans oxygène à ~500°C. Pas de flammes — juste de la chaleur. Le carbone solide reste (c'est le biochar). Le reste se décompose en gaz et huile.
C'est un processus industriel mature — pas une technologie expérimentale. On fait de la pyrolyse depuis des milliers d'années (le charbon de bois, c'est exactement ça).
Les méthanotrophes sont parmi les organismes les plus anciens de la planète — elles mangent du méthane depuis 3 milliards d'années. Elles vivent déjà dans les sols, les marécages, les fonds marins. On les déplace, on ne les invente pas.
Le biochar leur sert de "maison" parfaite — la surface poreuse leur donne un terrain immense à coloniser. 877 grammes de méthane détruits par mètre cube de filtre, chaque jour. Données publiées.
Sur les sources ponctuelles — les endroits où le méthane sort de façon concentrée et prévisible :
Ça couvre environ 60% du méthane anthropique. Les 40% restants (rizières, élevage extensif, zones humides) sont trop diffus pour être filtrés — c'est une limite honnête du système.
Ça se paie tout seul. C'est le twist qui rend le concept viable :
Le méthane vaut 80× plus que le CO₂ en crédits carbone (parce qu'il réchauffe 80× plus). C'est un business rentable dont l'effet secondaire est de refroidir le climat. Pas une subvention sans fin — un modèle économique qui tient.
Deux niveaux, deux logiques très différentes :
Sans OGM : le pipeline est rentable et fonctionnel. Avec OGM bactériens : c'est 3× plus puissant et 3× moins cher à entretenir. L'OGM est un accélérateur, pas un prérequis.
~30 ans au total. 15 ans pour construire et déployer, 15 ans pour que l'atmosphère se nettoie. Premiers effets mesurables dès ~2040. C'est long pour une vie humaine, mais instantané à l'échelle géologique — et c'est le seul levier climatique qui donne des résultats visibles en une génération.
Séparons le catastrophique du probable :
Le risque de ne rien faire est infiniment pire que le risque d'essayer.
Un bout — mais le bout le plus rapide.
Le CO₂ c'est 66% du réchauffement. Le méthane c'est 30%. Ce pipeline attaque le méthane à fond, et gratte un peu de CO₂ en bonus. Il ne remplace pas la transition énergétique — il achète le temps nécessaire pour la faire.